Qui suis-je ?

Formée par Céline Miconnet, je suis professeur de yoga depuis 2021. Je continue à étudier, pour devenir yogathérapeute.

Ancienne danseuse hip-hop et journaliste politique travaillant sur les questions des minorités en Occident, ces deux pratiques m’ont amenée à beaucoup m’interroger et enquêter sur les corps, les discriminations et leur impact dans nos chairs.

Comment être prise au sérieux lorsque l’on est une femme noire dans un milieu professionnel masculin et blanc ? Nier son propre corps est l’une des réponses évidentes. D’autres traumatismes se seront chargés d’accentuer cette dissociation.

Mais c’est une autre expérience de vie qui m’a amenée vers le yoga : être mère d’un enfant drépanocytaire, une maladie génétique qui touche essentiellement les personnes noires. J’ai passé cinq ans quasiment constamment au chevet de mon fils, hospitalisé la majeure partie du temps. J’ai attendu deux ans avant d’obtenir un diagnostic, durant lesquels le système m’aura accusée de violences parentales, et même…d’un syndrome de Münchhausen ! J’ai pu vivre dans ma chair la réalité du racisme institutionnel français, implacable à l’hôpital comme ailleurs.

Mère isolée, sans possibilité de travailler et sans RSA, confrontée au manque de moyens de mon département du 93, incapable de décrocher la moindre aide, il m’a fallu élaborer des stratégies avec mon fils pour ne pas seulement survivre, mais rester réellement vivant.es. La période où il a reçu sa greffe de moelle osseuse a été celle qui m’a poussée le plus dans mes retranchements puisqu’il vivait dans une bulle stérile qui ne laissait qu’un mètre de passage sur chaque côté de son lit, moins d’espace que dans une cellule. Je dormais assise au pied de son lit, ou allongée sur le sol, avec mon masque, ma blouse et mes gants. Cette situation d’enfermement extrême 24h/24 a été un déclencheur.

Comment s’extraire ? Comment à la fois continuer de rester présent.es dans nos corps ? Ne pas nous dissocier et nous perdre totalement ? J’ai pris l’habitude de pratiquer avec lui des méditations et des étirements. C’est seulement un ans plus tard, en allant à mon premier cours de yoga, que j’ai compris que je le pratiquais déjà sans le savoir depuis longtemps.

Ce ressenti primaire, cet instinct de mouvement et de prière qui nous ont permis d’aller vers la Vie, c’est ce que j’ai souhaité approfondir en me formant pour devenir professeur de yoga, pour pouvoir le partager à mon tour à celleux qui en auraient, comme nous, le plus besoin.

Persuadée que la santé doit devenir le pilier des luttes sociales, je m’attache à transmettre les outils dont je dispose pour aider les corps malmenés par le système capitaliste.

Je propose par exemple des ateliers dédiés aux personnes noires, puisque mon vécu m’a permis de développer une expertise des discriminations qui nous concernent, des pathologies qui en découlent, et de la nécessité de créer des safe place pour en guérir. Mais je suis désireuse d’accueillir toute personne, sans distinction aucune.

Très vigilante sur la question de l’appropriation culturelle, j’ai longtemps refusé d’enseigner, par manque de légitimité, n’étant pas sud-asiatique. Le monde occidental est déjà saturé de professeurs de yoga monopolisant le marché, au détriment des personnes dont c’est la culture originelle, qui sont en situation de discrimination dans nos pays. C’est mon expérience de personne racisée en France, d’origine martiniquaise donc dépourvue de savoir ancestral pour cause de traite négrière, qui m’a fait me sentir autorisée à transmettre la passion que j’éprouve (hé oui, je suis encore loin de me libérer de samsara !) pour le yoga, que j’emprunte donc avec gratitude et humilité à celleux dont les ancêtres l’ont créé.

A ce titre, et parce que je mêle volontiers iyengar, vinyasa, yin ou encore kundalini, ainsi que de la sophrologie et de l’hypno-méditation, je parle plus volontiers de “pratiques corporelles réparatrices” lorsque je parle de mon travail, que de yoga. Tout en étant attachée à la philosophie indienne, aux Yoga Sutra de Patanjali, vers qui je dirige mes étudiant.es.

Ce questionnement reste un work in progress, je continue d’apprendre chaque jour pour améliorer mes propositions et mon positionnement, ainsi n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez amener du grain à moudre à ce débat :

contact@yogiwithattitude.com